Immortels ...

Publié le par Your.mountains

 " Celui qui n'est pas prêt a affronter la mort au terme de sa vie, ne sera pas en paix quand tombera la nuit ". 

Indiens Chippewa du lac Huron.

 

73 20 sept 2005

Le 20 septembre 2005, avec Jean Noël et Nico au sommet du Cho Oyu, 8200m.

 

20 septembre 2010 ... encore un anniversaire, juste une journée de plus, pas de moins, de plus !

Comment ne pas regarder en arrière ? Comment ne pas se poser de questions sur cette histoire qui nous colle à la peau, notre histoire propre, ce que nous vivons et ce qu'il nous reste à vivre, ce que, tous les jours, nous créons ?

Il y a 5 ans, j'étais au sommet d'une montagne, mon rêve prenait forme, la forme d'une amitié forte, d'une complicité improbable entre celui qui avait vu mon frère pour la dernière fois, et moi, la tête pleine de ce rêve commun.

 

71 bientot

Avec Jeanno ...

 

Depuis, le temps a fait son oeuvre, comme toujours, parce qu'il est sans limites, sans frontières, et que toutes choses a une fin. 

Cette fin, nous la choisissons, nous ne vivons que pour elle, ce que nous faisons au quotidien dépend de ce que nous voulons laisser. 

 

Cela fait longtemps maintenant que j'ai choisi mon cap, j'en dévie de temps à autre, comme tout le monde, mais j'y reviens toujours. Et je ne vivrais que pour me battre, parce que la vie est un don, et qu'il ne faut jamais refuser un cadeau !

C'est peut-être cela qu'on apprend si haut, que rien n'est anodin, que chaque élément, chaque sentiment, chaque émotion est fragile, et que nous ne pouvons nous permettre de perdre notre temps à autre chose qu'à le préserver.

Il est si dur d'affronter sa mort ! C'est pourtant la clé de la vie.

Je me souviens de la route qui nous avait mené à l'aplomb de cette montagne en ce mois de septembre 2005. Des tibétains bouchaient les nids de poule, des truelles dans les mains en guise de pelles, les tombes de leur famille se comptaient par dizaines au fond de la vallée.

Ils construisaient une route sur leurs propres terres ... mourant pour d'autres.

 

Il y en a du monde sur le bord de la route ayant laissé la vie juste pour que nous puissions passer ! 

 

L'issue est fatale, nous ne pourrons jamais rien y faire, par contre, nous pouvons nous battre chaque jour pour entretenir la route. C'est ce cap que j'ai choisi, il y a longtemps, celui d'aimer.

Aimer la vie, en faire une fête immense et savoir qu'à la fin, seuls les sourires survivent au temps. Les pleurs, on les oublie, on les efface ... on les enterre au plus profond de soi comme des pépites qui nous aident ensuite à aimer encore plus, ou mieux, ou plus intensément.

 

184 fête à Nyalam

A Nyalam, les yeux pleins d'étoiles ...

 

Ne pas fuir la mort, au risque de mourir ... debout.

 

20 septembre 2010 ... jamais je n'aurai imaginé avoir vécu ce que je vit aujourd'hui, un cadeau sans cesse renouvelé, un filon insatiable. Parce que l'amour est comme le temps, sans frontières, et que si nous vivons par amour, le temps n'a plus autant de place.

 

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Il y en a du monde au bord de la route !!!

 

Alors oui, la mort est là, en filigrane ou dorée de fil rouge, mais elle n'est là que pour mieux nous confronter à la vie ... et nous inciter à nous battre. 

 

182 paul en pleine méditation 

Sur le chemin du retour, en octobre 2005, mes pensées s'envolent ... 

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FABY / SERRE CHE 20/09/2010 19:11



Il y a des dates comme ça que l'on oublie pas, pour moi il y a le le 29 mars, le 18 juin, le 31 aout. Le 31 aout 2005, il y a maintenant 5 ans, ce jour ou un des mes amis est parti l'année de ces
30 ans n'arrivant plus à lutter contre la maladie. Paradoxalement nous nous rappelons rarement des dates ou nous passons de belles journées, simples mais belles, une photo me fait penser
à une de ces belles journées entre amis posés tous ensemble en bas d'une voie aux ayes, c'était cet été mais quel jour ? Peu importe finalement car les jours qui nous marquent nous
apprennent à apprécier encore plus ceux que nous vivons tous les jours. Merci Paul pour ces mots, tu as raison la vie est une fête, à nous de savoir en profiter.


Faby / Serre Che