L'Alpinisme : essai de définition ?

Publié le par Paul Bonhomme

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Alpinisme : activité permettant à l'homme de découvrir des émotions particulières et d'ainsi explorer un peu plus son humanité.

 

J'ai pleuré deux fois la semaine dernière :

- La première, au début, lorsque j'ai appris qu'un de mes amis était mort en tombant d'une arête, dans le mauvais temps.

- La seconde, à la fin, lorsque Malène m'a pris dans ses bras sur ce sommet de l'Autriche, des larmes de joie coulant sur les joues.

 

On veut coller à l'Alpinisme des étiquettes le désignant comme "sport extrême" ou "sport à risque", mais est-ce réellement un sport ? On veut en faire des banderoles, des logos, on veut coller son éfigie au devant des boites de chocolat, l'associer aux conquêtes. On veut même lui attribuer des valeurs sociales ... on veut absolument que cette activité soit raisonné, qu'elle serve à quelque chose (à quelqu'un ???) alors même qu'elle échappe à toutes les règles de la raison, alors qu'elle est immuablement, inconfortablement inutile.

L'Alpinisme ne s'explique pas. 

Comment décrire l'émotion d'un crissement de pas dans la neige ? Comment décrire la première fois, la toute première fois qu'on pose ses pieds sur un sommet que l'on pensait hors de portée ? Comment dire le partage silencieux de la cordée ?

L'Alpinisme, c'est de l'humanisme à l'état brut, une turbine à émotion ... peut-être un des derniers endroits où les apparences si chères à nos yeux s'effondrent tant la nature est belle, puissante, impériale ... et pourtant accessible.

L'Alpinisme ne se définit pas, il prend aux tripes, il pleure, rit, souffre, se mérite, s'offre, ne se vend pas. L'Alpinisme, comme l'amour, rend l'animal "homme" humain.

Dans tous les cas, pour moi, cela ne devrait pas en être autrement.

Paul Bonhomme.

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michel bordet 08/09/2014 12:15


En son temp, Lionel Terray avait trouvé le très joli concept de "Conquérants de l'Inutile" pour définir l'alpinisme, ou plutôts les alpinistes...


Pour ma part, il n'y est effectivement pas question de sport, même si la notion de performance y a toute sa place, il n'y est pas question de sport car il n'y est pas question de compétition...
Sinon contre soi-même !


Mais la chose essentielle à mes yeux réside effectivement dans cet environnement unique où la nature, extérieure ou intérieure, reprend ses droits.


Force est de constater pourtant que l'environnement de la haute montagne est un monde mort, un désert d'altitude, où la vie est éphémère. C'est d'ailleurs ce caractère éphémère de la vie qui la
rend plus précieuse et plus intense dans ces lieux-là...


La beauté qu'on attribue à  ces déserts, de glace ou de sable, vient sans doute du fait qu'on s'y sent "plus vivant" qu'ailleurs, non?